Présentation du média
Lepetitjournal a vu le jour en 2001, au Mexique. Le média est à l’époque lancé par Hervé Heyraud, alors qu’il était lui-même expatrié au Mexique. Quant à lui, lepetitjournal Athènes a été lancé en 2006, sous la direction de Delphine Millet Prifti. Passé entre plusieurs mains depuis, la responsable de l’édition d’Athènes est aujourd’hui, et depuis fin 2022, Stéphanie Bordier.
Elle explique qu’avec lepetitjournal, rien ne lui est imposé en terme de ligne éditoriale. L’objectif principal reste de proposer des articles variés, afin de pouvoir toucher un plus grand nombre de lecteurs. Au niveau de l’édition grecque, il n’y a pas de « profil type » en ce qui concerne les lecteurs. Même si, ils sont tous rassemblés autour du fait qu’ils sont expatriés, ils peuvent être artistes, étudiants ou bien touristes de passages. Un profil tend tout de même à se démarquer : celui d’épouse d’expatrié, qui a dû suivre son mari et qui doit aujourd’hui refaire sa vie dans une nouvelle ville.
Dans ce cadre là, se concentrer uniquement sur des articles politiques ou économiques a peu d’intérêt, pour le média mais surtout pour ses lectrices. Alors, tout en cherchant à convenir à ce profil unique en son genre, le média continue de proposer des articles d’actualité, pour toucher un maximum de lecteurs. Et, dans cette optique, lepetitjournal Athènes devient parfois un média quelques peu lifestyle.
Aujourd’hui, la responsable d’édition souhaite tout de même garder une ligne principalement informative, tout en restant proche des envies, et surtout besoins, des lecteurs.
La rédaction
À l’échelle de l’édition d’Athènes, un organigramme serait inutile. En effet, de manière permanente, il n’y a qu’une seule personne dans l’équipe, qui porte plusieurs casquettes, que ce soit responsable de l’édition, rédactrice, chargée de communication ou encore envoyée spéciale. Tous ces rôles sont tenus et maintenus par Stéphanie Bordier depuis la fin de l’année 2022. Depuis janvier 2025, la rédaction a compté, lorsqu’elle a battu son plein, quatre personnes. Madame Bordier, Mahé, Thomas et moi-même, qui étions tous les trois présents en qualité de stagiaires en journalisme.
Chiffres clés
Podcast – Comment fonctionne LePetitJournal à Athènes ?
Implanté à l’international comme une référence médiatique francophone, Le Petit Journal s’est notamment développé à Athènes. Aujourd’hui, j’ai eu la chance de discuter avec la responsable de l’édition, Stéphanie Bordier, qui m’a expliqué comment fonctionnait le média à l’échelle grecque, sa ligne éditoriale ou encore l’importance des réseaux sociaux pour son édition.
Vidéo – Un stage à l’étranger, ça donne quoi ?
Un stage de trois mois au Petit Journal d’Athènes c’est du télétravail, des interviews, du terrain, des mails ou encore des posts pour les réseaux sociaux. Mais au-delà de ça, un stage à l’étranger, c’est aussi des découvertes. Découverte d’une nouvelle culture, d’une nouvelle langue, de nouvelles personnes et de nouvelles manières de s’informer.
Retrouvez mon quotidien et mes découvertes durant ces trois mois au PetitJournal d’Athènes ici ⬇️
Évènement marquant – Entre deuil, colère et injustice : la manifestation des deux ans de Tempi vue de près
Le 28 février 2023, peu avant minuit, deux trains sont entrés en collision à quelques kilomètres de la ville de Larissa, dans le dème de Tempé. L’un des deux trains transportait de la marchandise, tandis que l’autre des passagers. Ils sont 57 à avoir rendu leur dernier souffle dans ce train.
Suite à ce drame, de nombreuses questions sont restées sans réponse. Les caméras étaient éteintes et les deux trains ont roulé sur la même voie pendant 19 minutes sans que personne ne s’en aperçoive. Aujourd’hui, bon nombre sont ceux qui pensent que le gouvernement a quelque chose à cacher dans cette affaire.
« Den Echo Oxygono » est aujourd’hui marqué au fer rouge sur l’âme grecque. Alors, deux ans jour pour jour après la tragédie ferroviaire, les Grecs se sont rassemblés dans les rues, ruelles, sur les places et dans les parcs. Ce 28 février marquait le début de la troisième année bloquée dans le flou. Main dans la main, les Grecs sont toujours en quête de réponses et, avant tout, de justice.
En stage au Petit Journal d’Athènes, Mahé et moi nous sommes rendus au centre-ville pour couvrir la manifestation. D’après plusieurs sources, la police déployée sur les lieux devait n’avoir aucun geste violent envers les manifestants. En effet, au-delà du deuil est la colère des grecs. Alors, s’en prendre à des manifestants en cette journée drapée de mélancolie, colère, tristesse et regret aurait été de mauvais genre.
Dans la marée humaine qui menait à Syntagma, des chants résonnaient, et les chanteurs avaient tous leur identité collée au visage. Des retraités, des familles, des étudiants, des enfants, certains devaient s’aider d’une canne pour marcher, d’autres portaient des cagoules et, presque tous, avaient de la peinture blanche sur le visage. Dans les airs, des ballons flottaient. Au sol, des pancartes jonchaient.
Dans la rue de Mitropoleos, qui monte à la place du Parlement, l’atmosphère était solidaire bien que solennelle. Une solidarité qui a bien vite été étouffée par l’odeur des gaz lacrymogènes et piétinée par les bottes des policiers. Intriguée, j’ai continué à avancer dans cette rue qui devenait peu à peu un champ de bataille, avant de me retrouver face à face avec un groupe de policers anti-émeute. Décalée sur le trottoir pour ne plus être face à eux, deux manifestants m’ont interpelée. Leurs regards inquiets ont parlé avant même qu’ils ne disent un mot. Le seul qui parlait anglais m’a dit que je devais partir et faire attention, parce qu’ici, c’était une « zone de guerre ». À peine ai-je eu le temps de les remercier qu’un bruit sourd retentissait. Les policiers couraient vers la foule tout en lançant d’autres bombes lacrymogènes.
Derrière moi, plus aucun manifestant n’était présent. Chants et slogans avaient été remplacés par cris et bruits sourds. Et surtout Mahé, qui devait m’attendre deux pas derrière moi, n’était plus là. Prise de panique et envahie par une adrénaline qui m’était inconnue jusqu’à ce jour, j’ai suivi la foule, à la recherche de Mahé.
Quelques mètres plus bas, sans me laisser le choix, un homme m’a amené dans un magasin, où étaient cachés d’autres manifestants. Assise sur le sol, je pouvais voir la police s’en prendre aux manifestants toujours dehors et je pouvais entendre de nouvelles bombes lacrymogènes exploser. L’homme m’a offert de l’eau, le regard inquiet et les sourcils froncés. Lui-même avait le contour des yeux rouge vif et les yeux larmoyant à cause des gaz. La solidarité n’avait en réalité pas été étouffée ou piétinée, elle avait été renforcée.
Une fois sortie du magasin, Mahé retrouvée et les gaz dissipés, la panique s’est atténuée. Malgré les bruits sourds et le mouvement constant, j’étais rassurée. Rassurée parce que j’avais retrouvé Mahé, qu’elle était indemne, mais aussi par ce que la foule, bien que dispersée, était toujours aussi solidaire. La colère était pour eux une arme bien plus forte que les matraques ou les bombes lacrymogènes. Un sentiment qui était en réalité une force inépuisable, puisque commun.
Observer et vivre cette manifestation de près m’a marquée, parce que rappelé la fragilité du droit d’expression. Mais l’ambiance, le centre ville qui était un champ de bataille improvisé, l’inquiétude, la colère, les cris, l’entraide et les regards échangés sont ce qui m’a réellement touchée. Chacune des personnes présentes ce jour-là avaient une histoire à raconter, un point de vue honnête, sensible et pertinent, puisque chacun a sa réalité et qu’elles sont toutes légitimes. Ce 28 février m’a confirmé le journalisme auquel je veux participer. Celui qui entend, celui qui cherche, celui qui dénonce et, surtout, celui qui inclut. Celui qui donne la parole, celui qui montre et qui intègre.
Annexe des productions
Politique nationale :
Relations internationales :
Société :
Défense nationale :
Énergies renouvelables :