Saskia de Rothschild : l’enfant chéri des écolos

Au World Impact Summit, la foule se bouscule. Les journalistes de Quotidien, Sud Ouest ou encore LCI essayent d’obtenir une entrevue avec Raphaël Glucksmann, François Hollande ou Hillary Clinton. Mais l’un des plus grands nom est celui qui n’a pas fait parler de lui : Rothschild. Pendant que Léon Deffontaines expose les points de vue de son parti sur l’agriculture ou le nucléaire, la baronne Saskia de Rothschild tient une conférence sur l’écologie. Malgré une salle à moitié vide, son nom de famille fait écho. A l’aise devant un micro, les idées claires, des points de vue fermes. 

Les cheveux lâchés, un cargo d’une marque de fast fashion et un pull large, Saskia détonne avec le stéréotype de la fille de millionaire. Aujourd’hui présidente des Domaines Barons de Rotschild, la femme assise sur un fauteuil gris s’inquiète de la durabilité de ses vignes et l’environnement. Elle rabâche son éco-anxiété, comme si elle était touchée par ce stress omniprésent. Elle n’oublie pas de souligner son envie de durabilité. Pour ses vignes, pour la planète, pour les Hommes, pour tous. Saskia aborde la position dans laquelle elle s’est trouvé lorsqu’elle a repris cette entreprise familiale. La baronne n’était pas intéressée, mais s’est sentie obligée. Cependant, son implication dans cette entreprise est aujourd’hui indéniable. Elle martèle le sujet du changement climatique, explique qu’elle le regrette, qu’elle a peur qu’ « on ait plus de vin d’ici quelques années ». Mme de Rothschild peine à camoufler son exigence et ses attentes, envers elle-même ou envers les autres.

Bien évidemment, son exigence ne sort pas de nulle part. Faire partie d’une famille qui possède des dizaines de banques, demeures, vignobles, hôpitaux ou musées, ça forge. Être poussée vers les meilleures écoles et universités internationales, ça donne un petit coup de pouce aussi. Malgré la place indéniable de la famille, et du nom Rothschild, dans le développement de la baronne, celle-ci reste pudique, voire mal à l’aise lorsque ce nom ressort. Elle répond vaguement ou rapidement aux questions, elle a envie d’indépendance. Saskia veut se détacher de ce nom, se détacher de l’image de « fille de ». Elle est mal à l’aise d’être résumée à « la descendance des Rothschild ». Femme indépendante et auto proclamée émancipée, la présidente du vignoble de plus de 1 200 hectares s’inflige une pression continue quant à son travail. Et ce même si la fameuse famille prospère restera toujours une porte de sortie en cas d’échec.

Avant d’être « fille de », Saskia est tout simplement femme. Elle le sait et l’admet : « Étant une femme, il faut être experte pour être légitime. » Son nom ne la protège pas de tout, et certainement pas de la misogynie. Aujourd’hui, experte, elle l’est. Alors elle est légitime, et ça se sent. Pointilleuse, elle ne manque pas une occasion de corriger presque tous ceux qui lui adresse la parole, elle précise elle même les questions qui lui sont posées. La femme d’affaire maîtrise ce qu’elle dit, pèse ses mots, certainement au vu de comment elle a été élevée ou de l’impact qu’un mauvais comportement pourrait avoir sur sa famille, mais ça, c’est un autre sujet. Elle se permet de montrer un ennui politiquement correct lorsque désintéressée : regard dans le vide ou main essuyant son visage, ça arrive de voir le côté ennuyé de la baronne. Éternelle insatisfaite, elle regrette parfois de ne pas être uniquement ce qu’on voudrait qu’elle soit. En nageant contre courant, Saskia risque gros, en allant à l’encontre de ce que sa famille attend. Cependant adorée des écolos et tremplin monétaire assuré, elle pourras toujours être qui elle souhaite.

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